Sarah Dvora Friedheim
Sexologue, Thérapeute de Couple, & Coach en Chidoukhim
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J’ai reçu cette semaine en consultation une Bat Israël ; un véritable diamant ! La Kallah a particulièrement tenu à ce que cette expérience puisse être partagée afin de montrer qu’avec un accompagnement adapté, respectueux et créatif, il est toujours possible de trouver des solutions concrètes permettant de préserver à la fois l’intimité du couple et le respect de la Halakha.
Cette Kallah atteinte d’amyotrophie spinale infantile avec trachéotomie tenait profondément à pouvoir respecter les lois de pureté familiale malgré une absence de mobilité et une dépendance physique totale. De nature très indépendante, il lui était difficile d’envisager de solliciter sa mère ou de recourir systématiquement à une Bodeket Tahara extérieure.
Je lui ai donc proposé de former ses deux auxiliaires de vie, en anglais, aux bonnes pratiques d’hygiène intime adaptées à sa situation, ainsi qu’aux vérifications liées aux lois de pureté familiale (bedikot), dans le respect de la pudeur, du consentement et de la dignité de la patiente.
Cette formation a porté autant sur les gestes techniques que sur la dimension humaine, relationnelle et éthique du soin : demander le consentement à chaque étape, annoncer les gestes avant de les réaliser, respecter le rythme, ainsi qu’adopter une extrême douceur dans les soins touchant à l’intimité.
Nous avons également travaillé sur la prévention des microtraumatismes, des irritations et des gestes involontairement invasifs, en rappelant qu’une personne en situation de handicap, dépendante des soins au quotidien, peut parfois être exposée à des manipulations trop rapides ou trop brusques, simplement parce que certains gestes deviennent “habituels” pour les soignants.
Il est donc essentiel de rappeler que l’intimité, surtout dans un contexte de dépendance physique, doit toujours rester un espace de respect, de délicatesse et de consentement.
En tant que sexologue, j’interviens ici afin d’apporter une approche concrète, corporelle et clinique des gestes liés à l’intimité juive. Cela inclut l’explication pratique des vérifications, accompagnée d’une démonstration in situ sur modèle anatomique. Les auxiliaires de vie étaient ensuite invitées à reproduire elles-mêmes les gestes sur ce support pédagogique, afin d’en vérifier la bonne réalisation et de corriger, si besoin, certains mouvements ou manipulations.
Les auxiliaires de vie sont reparties souriantes et confiantes, heureuses d’avoir apprises de bonnes pratiques en accord avec l’éthique du Care ; et le sens de la Mitzva.
Le handicap peut imposer de nombreuses limites physiques, mais il n’empêche ni la dignité, ni la vie conjugale, ni la possibilité de continuer à vivre pleinement selon les Lois de Pureté familiale.
L’intérêt d’un accompagnement par un sexologue réside précisément dans cette capacité à articuler les dimensions corporelles, émotionnelles, relationnelles et pratiques de l’intimité. En complémentarité du précieux travail des Madrikhot Kallah dans la préparation au mariage et la transmission des lois de pureté familiale, les échanges avec le sexologue ouvrent avec la Kallah, un espace sécurisé et confidentiel où est devenu possible de poser des mots sur l’intimité, le rapport au corps, les appréhensions ou les besoins spécifiques liés à la vie conjugale.





