LA PREMIERE RELATION SEXUELLE N’EST PAS FORCEMENT DOULOUREUSE !

De nombreuses femmes appréhendent leur première relation sexuelle parce qu'elles ont entendu qu'elle serait forcément douloureuse. Pourtant, la réalité est beaucoup plus nuancée. Découvrez les facteurs qui favorisent l'inconfort, les erreurs à éviter, le rôle du stress, de la lubrification et de la communication dans la construction d'une première expérience positive.
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Sarah Dvora Friedheim

Sexologue, Thérapeute de Couple, Coach en intimité juive

L’idée selon laquelle « la première fois fait forcément mal » est un mythe encore très répandu, mais qui n’est pas confirmé par la réalité clinique. Bien sûr, certaines femmes peuvent ressentir un inconfort léger, une sensation d’étirement ou une gêne passagère lors des premiers rapports. D’autres, en revanche, ne ressentent pratiquement aucune douleur.

Lorsqu’une douleur importante apparaît, elle est souvent liée à une combinaison de facteurs : anxiété, appréhension, manque de lubrification, précipitation, méconnaissance du fonctionnement du corps ou encore contraction involontaire des muscles du plancher pelvien. Il n’est pas rare que certaines jeunes femmes arrivent à leur mariage déjà inquiètes après avoir entendu pendant des années que « la première fois fait mal ». Cette attente négative peut à elle seule majorer le stress et entraîner des tensions musculaires qui rendent effectivement les choses plus difficiles.

J’ai parfois entendu parler de jeunes femmes tentées d’utiliser un anesthésiant local, comme l’EMLA®, afin de diminuer la sensibilité de la zone et de prévenir une éventuelle douleur. Cette approche peut sembler rassurante à première vue, mais elle mérite réflexion (et pour ma part objection !). Pour une première expérience intime, le corps a justement besoin de ses informations sensorielles. Les sensations ne servent pas uniquement à ressentir du plaisir ; elles permettent également d’adapter le rythme, la profondeur, la pression et de signaler lorsqu’il est nécessaire de ralentir, de s’arrêter ou de modifier ce qui est en train de se passer.

En diminuant artificiellement la sensibilité, l’anesthésiant risque de masquer ces précieux signaux d’alerte. Le couple peut alors poursuivre malgré une tension musculaire excessive ou une progression trop rapide, augmentant potentiellement le risque d’irritations, de microfissures ou d’une expérience vécue comme inconfortable.

Sur le plan psychologique, les bénéfices sont également discutables. Un anesthésiant ne traite ni la peur, ni l’appréhension, ni les représentations anxiogènes associées à la découverte de l’intimité. Certaines femmes peuvent même développer inconsciemment l’idée que leur corps ne serait pas capable de vivre cette expérience naturellement sans aide médicamenteuse, ce qui n’est généralement pas favorable à la confiance corporelle.

Dans le cadre religieux, où la première union revêt souvent une dimension émotionnelle, spirituelle et relationnelle particulièrement forte, une approche éducative apparaît souvent plus pertinente. Une préparation fondée sur la Hachkafa permet de mieux comprendre la beauté du moment à vivre pleinement ! Parallèlement, avant une première fois ou la Nuit de Noce, une séance éducative adaptée avec un sexologue spécialisé en intimité juive, donnera tout l’éclairage souhaité sur le fonctionnement du corps féminin, aidera à dédramatiser les peurs, abandonner les objectifs de performance, apprendra à utiliser un lubrifiant adapté (voir l’article sur les lubrifiants – lien en fin d’article), à respirer, à relâcher le plancher pelvien et à communiquer avec bienveillance au sein du couple.

En pratique, pour une première union, il est généralement préférable de chercher à diminuer la peur plutôt qu’à diminuer les sensations. Une expérience vécue dans la confiance, le respect du rythme de chacun et une bonne compréhension du corps a bien plus de chances de devenir un souvenir positif et fondateur pour le couple.

Sarah Dvora FRIEDHEIM, sexologue et thérapeute de couple à Jérusalem, accompagne les femmes et les couples francophones notamment confrontés aux difficultés dans l’intimité (premiers rapports, baisse de désir, manque de plaisir, douleurs sexuelles, vaginisme, dysfonctions masculines, ménopause…). Consultations en présentiel et en téléconsultation (Zoom).

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