LES BLOCAGES INVISIBLES OBSERVÉS LORS DES CHIDOUKHIM

Vous enchaînez les rencontres sans que cela aboutisse ? Derrière cette réalité se cachent souvent des blocages invisibles : peurs, schémas inconscients, estime de soi fragilisée… Cet article propose une lecture thérapeutique et spirituelle pour mieux comprendre et débloquer la rencontre.
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Sarah Dvora Friedheim

Coach en Chidoukhim, Thérapeute de couple, Sexologue.

Il est clair que les Chidoukhim viennent de Dieu. Mais en parallèle, il nous est demandé de faire notre part, notre Hishtadlut, en nous engageant activement dans le processus de rencontre. Alors on enchaîne les rendez-vous.

Et parfois, un sentiment s’installe : « On me propose des profils qui n’ont vraiment rien à voir avec moi », « on me propose toujours les mêmes profils de personnes problématiques », « J’ai l’impression de ne jamais être à la hauteur », « Même si la personne me plaît, après une ou deux rencontres, je me demande si je suis vraiment prêt(e) à m’engager » …

Et si ces répétitions venaient nous indiquer quelque chose de plus profond sur notre manière de rencontrer, de choisir ou de nous protéger ?

Pourquoi la rencontre tarde : comprendre les blocages visibles et invisibles

« J’ai envoyé ma fiche à des chadkhaniot, je me rends à des événements, je suis sur des applications…Je fais mon maximum pour accepter les profils qu’on me propose, alors pourquoi ça ne marche pas ? »

C’est une question que j’entends très souvent en séance de renforcement dans le cadre du coaching en Chidoukhim. Ce sont souvent des personnes sincères, sérieuses, engagées, qui souhaitent construire, et qui pourtant, enchaînent les rencontres sans que rien n’aboutisse ; parfois pendant des années.

Dans de nombreux cas, il existe des freins internes puissants, souvent invisibles, qui influencent profondément la manière dont une personne va rencontrer, choisir, ou ne pas choisir.

C’est pourquoi, mon approche est à la fois thérapeutique et ouverte à une dimension spirituelle.

Elle s’appuie sur une idée essentielle : chacun peut prendre sa part de responsabilité sans tomber dans la culpabilité ni le découragement. Le fait que cela ne fonctionne pas aujourd’hui ne signifie pas que cela ne fonctionnera jamais. Parfois, ce n’est pas la rencontre qui est bloquée… c’est la capacité à la laisser entrer.

Certains blocages sont conscients. La personne peut les identifier : critères très élevés, parfois rigides, peur de se tromper, ou encore une tendance à analyser la rencontre de manière très rationnelle, presque comme un entretien d’embauche. Derrière ces attitudes, on retrouve souvent des mécanismes de défense liés à un besoin de contrôle, et/ou des stratégies d’évitement afin d’éviter l’erreur ou la souffrance.

Parfois, la peur ne vient pas de l’inconnu… mais de ce que l’on a déjà vécu. Certaines personnes portent aussi les traces d’un mariage précédent difficile (souffrance, violence ou peur de l’intimité), ce qui peut générer une crainte très présente de revivre les mêmes schémas.

À l’inverse, une relation passée très positive peut instaurer un niveau d’exigence élevé, avec une attente implicite de retrouver la même qualité de lien.

Les freins les plus déterminants sont souvent inconscients.

Ils prennent racine dans l’histoire personnelle. Les modèles parentaux, par exemple, influencent profondément la manière dont on envisage le couple, que ce soit dans la reproduction ou dans le rejet. À cela s’ajoutent les expériences passées : déceptions, ruptures, blessures d’attachement, qui peuvent laisser une trace durable et créer une peur du rejet ou de l’abandon.

Salomé a mal vécu le divorce de ses parents lorsqu’elle avait 6 ans. Le fait que son père ait déménagé dans une autre ville a réduit les possibilités de visites à la moitié des vacances scolaires. Ne ressentant plus son amour au quotidien elle a eu le sentiment de ne plus être le centre de son attention et qu’il s’était éloigné d’elle pas seulement physiquement. Elle s’est sentie abandonnée. La jeune adulte qu’elle est devenue aujourd’hui multiplie les rencontres avec des hommes indisponibles et peu chaleureux.

Elle a l’impression qu’ils ne s’intéressent pas vraiment à elle mais plutôt qu’ils sont pressés de se marier. Salomé a ce qu’on appelle une blessure d’abandon. Elle pourra alterner des scénarios différents comme celui de se marier pour rejouer la souffrance originelle : lien distant, mauvaise communication dans le couple, divorce… ou choisir la fuite : arrêter sous de « faux » prétextes (identification de « red flag » imaginaires), ou chercher le conflit dès que la rencontre devient trop sérieuse, ou encore, même mariée, décider de divorcer au moindre problème (quitter avant d’être quittée). Salomé a besoin de restaurer sa sécurité intérieure face aux liens.

Il existe également des “scripts internes”, étudiés en thérapies cognitivo-comportementales : des pensées automatiques, souvent invisibles, comme : « les relations finissent toujours mal », « Les femmes sont toutes superficielles et vénales » et inversement « les hommes sont tous égoïstes ».

– Hanna : « Un homme qui n’est pas capable de m’offrir un café, est très certainement un radin. Moi je pars en courant ! » ; et Hanna se trouvera toujours dans une situation ambiguë au moment de payer la note, évoquer le budget familial ou le contrat de mariage pour lui offrir un biais de confirmation (« Les hommes sont tous radins ») qui lui donnera l’opportunité de mettre fin au Chidoukh.

Ces croyances limitantes orientent inconsciemment les choix, les perceptions et les validations erronées.

L’estime de soi joue aussi un rôle central. Elle correspond à la manière dont une personne se perçoit et se valorise intérieurement. Elle peut être fragilisée par des expériences de dévalorisation : un sentiment de ne pas être “à la hauteur” sur le plan intellectuel, professionnel ou financier. Avoir des complexes physiques, ou encore un manque de reconnaissance dans l’enfance ou dans une relation passée. Lorsque l’estime de soi est atteinte, cela influence profondément la manière de se présenter à l’autre, de se sentir légitime dans la rencontre… et peut, parfois, conduire à l’autosabotage inconscient.

Se préparer à la rencontre, c’est aussi la valeur qu’on se donne à travers qui on me propose.

Une estime de soi fragile peut conduire à accepter des relations en deçà de ce que l’on mérite profondément.

Enfin, l’environnement, familial, social, culturel, peut exercer une pression importante : comparaison, attentes implicites, pression/sentiment d’urgence… autant de facteurs qui brouillent la capacité à rencontrer de manière libre et ajustée.

Comprendre ces mécanismes ne suffit pas toujours à les transformer seul(e). Mais cela constitue une première étape essentielle : celle de prendre conscience que la difficulté ne vient pas uniquement de l’extérieur.

Au fond, la vraie question n’est peut-être pas : “Pourquoi je ne rencontre pas la bonne personne ?”. Mais plutôt : « Qu’est-ce qui, parfois à mon insu, empêche la rencontre d’exister pleinement ? »

En d’autres termes « Qu’est-ce que je mets en place inconsciemment pour ne pas rencontrer le bon Mazal ? »

Quelques séances de thérapie individuelle peuvent suffire à amorcer un travail de renforcement intérieur et à desserrer les freins qui entravent la rencontre ou l’empêchent d’avancer positivement. Car prendre soin de ces blocages en amont, c’est aussi se donner les moyens de ne pas les laisser impacter, par la suite, le Shalom Bayit et l’équilibre du couple.

Cet article a également été publié dans NÉTIVOTMAG.

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