Sarah Dvora Friedheim
Sexologue, Thérapeute de Couple, Coach en intimité juive
Quand la pénétration devient difficile ou impossible, on pense souvent aux dilatateurs ou à la rééducation du périnée. Ces outils peuvent être utiles. Mais le vaginisme mérite une prise en charge attentive à l’ensemble de l’expérience corporelle, émotionnelle et conjugale.
La contraction involontaire du périnée qui définit le vaginisme peut s’accompagner d’une peur de la douleur, de pensées automatiques, stratégie d’évitements ou d’une perte de confiance dans son corps… Une évaluation médicale auprès d’un.e gynécologue ou d’une sage-femme permet d’abord de rechercher une douleur ou une affection associée nécessitant un traitement. Les raisons physiologiques sont cependant extrêmement rares (« hymen trop épais », par exemple) ; seul.e un.e gynécologue sera apte à procéder à un acte.
Dans ma pratique, l’accompagnement en sexothérapie se poursuit tout au long de la prise en charge. La psychoéducation en constitue un fil conducteur : comprendre son anatomie, le fonctionnement de la réponse sexuelle et les mécanismes qui peuvent entretenir l’appréhension ou la contraction.
Au fil des séances, nous faisons le point sur les sensations, les difficultés et les progrès, afin d’ajuster les exercices et leur rythme, sans forcer ni transformer la progression en épreuve de performance. Selon les besoins, j’accompagne l’utilisation progressive de dilatateurs ou j’oriente vers une kinésithérapie pelvipérinéale spécialisée en parallèle des séances de sexothérapie.
Chaque femme présente une combinaison différente de facteurs. Les recherches soutiennent l’intérêt de certains protocoles d’exposition progressive accompagnée, mais ne permettent pas de désigner une méthode supérieure pour toutes. C’est pourquoi je privilégie une approche personnalisée, qui articule les dimensions corporelles, les pensées, les émotions et la relation, plutôt que de faire reposer toute la prise en charge sur un seul outil.
Nous travaillons ainsi à apprivoiser les sensations, à assouplir les anticipations anxieuses et à retrouver confiance dans son corps. L’exploration corporelle, et sensorielle, et la découverte du plaisir, notamment clitoridien, dans l’intimité du couple, peuvent trouver leur place dans ce parcours, selon les souhaits de chacune.
L’intimité du couple mérite elle aussi d’être accompagnée pendant cette période. Il s’agit de mieux communiquer, de réduire la pression et de préserver une proximité affective et sensuelle respectueuse des limites de chacun.
Dans un cadre de vie juive et kasher, cet accompagnement tient également compte de la pratique religieuse et des questions halakhiques du couple. Les interrogations concernant les formes d’intimité et les exercices proposés peuvent être formulées et, lorsque nécessaire, soumises à un rabbin compétent dans ce domaine. Cette articulation permet de rechercher les indications ou permissions adaptées à la situation, sans présumer d’une réponse identique pour tous.
Vous sentez une résistance dès les premières relations : quand consulter ?
Lorsque les premières tentatives de pénétration se heurtent à une contraction involontaire, une douleur ou une appréhension importante, il est recommandé de consulter rapidement. Une première tentative difficile ne signifie pas nécessairement un vaginisme, mais il n’est pas nécessaire d’attendre plusieurs semaines pour prendre l’avis d’une sexologue.
Pour les couples qui découvrent la sexualité après le mariage, une première séance de sexothérapie, même en visioconférence type zoom, peut ainsi être proposée dès les premiers jours si la difficulté se répète ou suscite de la détresse. L’objectif est de comprendre, rassurer et accompagner, sans multiplier les tentatives douloureuses ni imposer un calendrier de réussite.
Sarah Dvora FRIEDHEIM, sexologue et thérapeute de couple à Jérusalem, accompagne les femmes et les couples francophones notamment confrontés aux difficultés dans l’intimité (premiers rapports, baisse de désir, manque de plaisir, douleurs sexuelles, vaginisme, dysfonctions masculines, ménopause…). Consultations en présentiel et en téléconsultation (Zoom).





